DjeliCheck

CANULAR: Le communiqué de la présidence du Mali publié à la suite du sommet virtuel de la CEDEAO est diffamatoire et sans fondement

Jusqu’à preuve contraire, le discours prononcé par le président malien Ibrahim Boubacar Kéita  rapporté par Moussa Kaka n’a pas été travestis.

Un communiqué publié sur Facebook émanant de la présidence de la République du Mali qui prétend qu’un correspondant d’une radio étrangère a opportunément travesti les propos du président malien Ibrahim Boubacar Kéita est MENSONGER. 

Le message de la présidence du Mali a été publié le 27 juillet, à 15h, quelques heures après la fin du sommet virtuel extraordinaire de la CEDEAO sur la situation sociopolitique du Mali. Sans faire de précision, la présidence ne cite ni le nom de la radio étrangère, ni le nom du journaliste, ni même le nom du pays où réside ce dernier.

« Le correspondant d’une radio étrangère en poste dans une capitale d’un État membre de la CEDEAO prête au Président Ibrahim Boubacar Keita des propos musclés contre l’imam Dicko lors du Sommet extraordinaire tenu ce 27 juillet 2020 sur la crise malienne. Les déclarations dudit correspondant sont entièrement fantaisistes », a écrit la présidence du Mali dans un post Facebook qui a enregistré plus de 1197 interactions dont plus de 280 partages.

En se basant sur les indices laissés dans le message, on peut présager que le correspondant cité par la présidence n’est rien d’autre que Moussa Kaka, correspondant de la radio France international (RFI) à Niamey, capitale du Niger, un pays membre de la CEDEAO. 

En effet, le journaliste avait dans son rapport énoncé les propos des chefs d’Etat ayant pris part au sommet extraordinaire, dont Ibrahim Boubacar Kéita, Alassane Ouattara et Macky Sall.

DjeliCheck a examiné le post de la présidence et a trouvé qu’il était ignominieux et sans fondement solide.

D’abord, le régime en place, croyant publier un démenti s’est heurté à diverses critiques et interrogations. Premièrement, le flou autour du post. En diffamant le journaliste, la présidence du Mali ne partage pas le discours du président Ibrahim Boubacar Kéita. Pourtant, celui de son homologue nigérien, a été publié sur son compte facebook officiel et repris par plusieurs médias. Contacté par DjeliCheck, la présidence du Mali a refusé de commenter la question.

Secundo, s’il y a eu déformation des propos du président malien dans une situation, où celui-ci cherche à concilier le pays, frappé depuis le 5 juin par une crise sociopolitique, Ibrahim Boubacar Kéita n’a ni officiellement  protesté, ni intenter un procès contre le journaliste pour diffamation.

Par ailleurs, Alassane Ouattara qui, selon Moussa Kaka, a déclaré que  la CEDEAO est du côté du peuple malien, mais pas du côté du désordre et qui a exigé la démission immédiate des 31 députés contestés par la population y compris le président de l’Assemblée national ou tout au plus leur suspension, n’a pas fait d’objection au rapport du journaliste. 

S’il est vrai, que nul ne peut contester le fait que les propos du président malien puissent être travestis, la question qui se pose est de savoir si c’était une préméditation de la part du journaliste de falsifier les propos d’IBK, alors qu’aucun autre président n’a contesté sa parole dans ce rapport, alors le démenti de la présidence confirme la forfaiture. Moussa Kaka aurait donc menti sur Ibrahim Kéita?

Interrogé par DjeliCheck, Moussa Kaka affirme: «quel intérêt ai-je à diffamer un chef d’état ? ou de commettre un outrage à un chef d’Etat ? Ce que j’ai dit sur RFI est vrai. Ce que ceux qui ont fait le communiqué ne savent pas, j’étais dans la salle de conférence de la CEDEAO et à RFI, nous avons l’enregistrement que j’ai moi même fait.»

Aujourd’hui, le doute subsiste autour de ce démenti de la présidence qui cherche à diffamer le journaliste, car à ce jour aucune information n’a été publiée résumant les propos du Président IBK lors de ce sommet alors que tout porte à croire qu’IBK s’est longuement prononcé au cours des échanges.

DjeliCheck a examiné une affirmation selon laquelle, un correspondant d’une radio étrangère en poste dans une capitale d’un Etat membre de la Communauté économiques des Etats d’Afrique de l’ouest, a prêté à Ibrahim Boubacar Kéita des propos contre l’imam Mahamoud Dicko, et a trouvé que c’était FAUX.

Leroiani B. 

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